ECOLE


L’ECOLE
(Béatrice Faivre)

Préambule
Aussi  loin que remontent les archives communales, on peut remarquer que chaque année le débat pour « la rétribution scolaire » reprend.
L’enseignement sous le second Empire était payant, en partie à la charge des parents, et pour l’autre partie, la plus lourde à la charge de la commune. Le département ou l’état n’allouait qu’un léger supplément.

1775 : INSTALLATION D’UN MAITRE D’ECOLE

Nous soussignés Joseph ROY et Claude Joseph GANEVAL tous les deux du Frasnois 
avons engagé le nommé Pierre Jean  Germain de la Chaux des Crotenay pour enseigner nos enfants à commencer au premier novembre prochain et finira à la fin de mars prochain de l’an suivant pour le prix et somme de dix-huit livres tournois de France payable à la fin du temps.

Fait au Frasnois le 22 octobre mil sept cent soixante et quinze et avons signé

P.J. Germain et nous Joseph Roy Claude Joseph Ganeval promettons de nourrir chauffer coucher et fournir la chambre pour enseigner nos enfants


ANNEE 1863 : CREATION D’UNE ECOLE DE FILLES

·        22 septembre 1863 ; projet école communale de filles
L’an 1863 le 22 septembre le Conseil Municipal de la commune du Frasnois réuni en séance extraordinaire en vertu d’une autorisation de Monsieur le Préfet en date du 19 courant à effet de délibérer sur le projet d’une école communale de filles à établir dans la susdite commune.
Présents : MM Félix Honoré, Monnoyeur Théodule, André Rodolphe, Grappe Célestin Adjoint, Grappe François Régis, Patouillard Pierre Elie, Félix Joseph Valentin, Monnoyeur Emmanuel et Monnoyer Augustin Maire.
Considérant 1er que le nombre d’élèves de l’école mixte du Frasnois dépasse soixante et que dans l’intérêt des progrès de l’école et de la sante de l’instituteur il serait urgent d’adjoindre un instituteur à M. Bourgeois puisque d’ailleurs le nombre des élèves dépasse le chiffre fixé par les règlements sur cette nature.
Considérant 2ème que dans l’intérêt de la moralité il est très opportun de séparer les sexes en scindant l’école en deux classes.
Considérant 3ème l’impossibilité pour un instituteur d’enseigner aux jeunes filles ce qui fait sinon la base du moins ce qui constitue un domaine très important de leur éducation.
Considérant 4ème que c’est dans l’intérêt des habitants de la commune qui sont obligés pour faire l’éducation de leurs filles de les envoyer chez les institutrices des communes voisines.
Délibère qu’il y a urgence d’établir une école communale de filles dans la commune du Frasnois.
Le Conseil Municipal affecte pour traitement de l’institutrice une somme fixe de trois cents francs à prendre sur les rétributions mensuelles des filles qui fréquenteront l’école ; laquelle rétribution mensuelle la commune percevra chez le receveur municipal. Et en cas d’insuffisance de la rétribution en question, la somme de trois cents francs susdite sera parfaite sur les revenus ordinaires de la commune.
Le Conseil Municipal s’occupe incessamment de louer une maison convenable pour la salle de classe des filles et le logement de l’institutrice.
Le Conseil Municipal prie Monsieur le Préfet d’être assez bon pour prendre en considération la présente délibération et nommer une institutrice au Frasnois pour la rentrée prochaine des écoles.

En Mairie au Frasnois les an, mois, jour, susdits.
Signatures  



·        18 octobre 1863 : ouverture école des filles
L’an mille huit cent soixante-trois, le 18 octobre, le Conseil Municipal de la commune du Frasnois réuni extraordinairement en vertu d’autorisation de Monsieur le Préfet en date du 19 septembre dernier.
Présents : MM. Monnoyeur Théodule, André Adolphe, Grappe Célestin, Grappe François Régis, Félix Honoré et Monnoyeur Augustin, Maire.
Monsieur le Maire, vue l’autorisation préfectorale en date du 19 septembre dernier d’ouvrir dans la commune du Frasnois une école de filles.
Vu qu’il a été déterminé par l’autorité compétente que le rez de chaussée de la maison commune serait consacré à la tenue de l’école et au logement de l’institutrice.
Propose à son conseil qu’il soit prélevé sur tous les fonds disponibles de la commune une somme de 110 Frs qui sera affectée aux améliorations et réparations à faire au logement et à la salle de classe de l’école qu’on se propose d’ouvrir.

Délibéré en séance en Mairie au Frasnois les an, mois, jour, susdits.


·        1er novembre 1863 : nomination et installation institutrice école communale de filles
L’an mille huit cent soixante-trois, le 1er novembre, par devant nous Augustin Monnoyeur Maire de la commune du Frasnois est comparue RATTE Lucia à l’effet de se faire installer dans les fonctions auxquelles elle a été nommée par arrêté de Monsieur le Préfet en date du 17 octobre dernier.
La titulaire ayant prêté dans mes mains le serment dont la teneur suit :
« Je jure obéissance à la Constitution et fidélité à l’Empereur »
Les instituteurs (trices) de l’époque étant tenus de prêter serment d’obéissance  à la constitution et fidélité à l’Empereur Napoléon III, devant le maire.
Avons déclaré la susdite RATTE installée dans ses fonctions d’institutrice communale et a signé avec nous le présent procès-verbal après que lecture lui en a été faite.

En Mairie au Frasnois les an, mois, jour, susdits.

1865
L’école n’est pas gratuite : l’abonnement d’un enfant est fixé à 8 francs annuellement ou 1 franc 60 cts par mois pour les « non abonnés ».
Le conseil décide « l’institution de cours du soir nécessaires à la population rurale adulte , désireuse d’acquérir les connaissances indispensables à chacun quelle que soit d’ailleurs la carrière qu’il embrasse » Les dits cours continueront d’être assurés même pendant la guerre de 1870.

1872
Création d’un gymnase : le conseil municipal décide l’achat d’agrès et de matériel « considérant les avantages hygiéniques que présente la gymnastique et la possibilité de se préparer ainsi aux exercices militaires »

1881
Création de la bibliothèque scolaire et de la caisse d’épargne scolaire avec délivrance de livrets de caisse d’épargne aux 3 élèves les plus méritants.



1882
Jules Ferry fait voter la gratuité et la laïcité de l’école obligatoire ; on en retrouve l’application immédiate  dans les délibérations du budget municipal : plus  « d’abonnement » et plus de crucifix dans les classes de l’école publique.
Dès mai 1882,création d’une caisse scolaire qui accorde toujours des livrets de caisse d’épargne, distribue livres et fournitures aux élèves indigents ou peu aisés, fournit chaussures et vêtements et aliments chauds l’hiver. La caisse scolaire peut bénéficier de dons, de legs en espèces et en nature.

1887
Fermeture de l’école des filles considérant le peu d’élèves d’autant que les ressources de la commune ne permettent pas de payer un instituteur et une institutrice. L’école redevient donc mixte avec exécution de travaux pour ouverture différente selon le sexe  des écoliers.

1909
Sur arrêté du Préfet ,  Madame MONOT est installée dans fonctions de maîtresse« directrice de travaux à l’aiguille (cours de coupe et de couture)» avec une indemnité  annuelle  de 80 Fr.

1912
« Considérant que le service de la direction des travaux à l’aiguille à l’école communale est indûment à la charge de la commune, celle-ci ayant par sa population  et sa population mixte droit  elle-même les leçons de couture
Considérant d’autre part, le peu de profit de cette dépense vu le petit nombre et le bas âge des enfants qui profitent de ces leçons », le Conseil décide de supprimer les leçons de couture à l’école à partir de la rentrée d’octobre.

On peut supposer que dès 1895, l’ouverture d’un pensionnat qui deviendra par la suite  le Nid des Merles* pour fillettes et jeunes ôta de nombreux sujets féminins à l’école publique


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Le Nid des Merles


Origines

Construit en 1895 par le Curé du Frasnois de l’époque, l’abbé Loye, ce fut au départ un pensionnat privé pour jeunes filles  à vocation d’école primaire et ménagère sous la dénomination Institution Jeanne D’arc

Six religieuses sécularisées assuraient les cours qui mentaient aux études primaires supérieures. Le pensionnat  comptait une trentaine d’internes auxquelles s’ajoutaient une vingtaine de jeunes filles du Frasnois, Aux études générales, s’ajoutaient l’enseignement ménager, la coupe, la couture, la lingerie, ce qui justifia, dès 1912, l’arrêt des cours de couture dispensés dès décembre 1887 dans l’unique école publique mixte de la commune. L’institution possédait sa basse-cour, sa volière… et bergerie avec une chèvre… 
En 1914, à court d’argent, le curé dut se résoudre à vendre  la propriété à  M. Lemerle qui voulut perpétuer son nom par l’appellation « Le Nid des Merles »,

De 1914 à mars 1928, le Nid des Merles continua à fonctionner en pensionnat de petites filles.

Le Nid des Merles et le Nid des Pierrots

·        A compter d’avril 1928, la maison devient un établissement sanitaire en offrant des séjours de cure d’air dans le jura pour enfants délicats sous l’égide des préventoriums du Haut-Jura pour la jeunesse, association reconnue d’utilité publique.

Le Nid des Merles reçoit essentiellement des enfants fatigués de Lyon et de la Région parisienne sur des périodes plus ou moins longues afin que ces derniers tirent un vrai bénéfice de leur séjour.

Un bâtiment annexe  « Le Nid des Pierrots », constitué de plusieurs grandes bâtisses en bois, flanquées aux quatre coins d’une tourelle édifiée sur un grand terrain où s’ébattaient les petits pensionnaires :
·        En 1940 : les baraques du Nid cessent d’être utilisées : on y fera du théâtre
·        En 1959 : destruction du Nid des Pierrots lorsque la Fédération Mutualiste des Hauts de  Seine devient propriétaire en rachetant le tout à un soyeux lyonnais philanthrope, M. Condamin.
·        Dès les années 1930, ce sont Mlles  Marguerite PAILLARD, infirmière de son état, et Simone GUILLOU  De KEREDAN qui assureront la direction  de l’établissement jusqu’à leur  retraite respective  en 1968 et 1970
o   Mlle PAILLARD qui avait construit au Frasnois décédera en 1999, à l’âge de 99 ans.
·        A partir de 1970,  Mlle CHANARD leur succédera jusqu’en 1978.

Il faut également citer Raymonde JACQUOT au Frasnois qui y exerça la profession de cuisinière de
La COLONIE LYONNAISSE  ST POTHIN
Au souci de « refaire une santé » aux petits pensionnaires, de tout temps, on se préoccupa de développer leur instruction.
·        Dès 1933, Création d’une école mixte : une institutrice d’Etat y est détachée et officiellement installée.
·        De 1946 à 1970,  Yvonne GAILLARD, nommée par l’Académie du Jura, assurera  avec compétence et dévouement cette tâche difficile du fait du renouvellement des petits pensionnaires qui ne faisaient que passer.                                                                                                                              


ASSOCIATION
DES
PREVENTORIUMS DU HAUT-JURA
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Siège social : 5, rue du Regard
Paris (VI°)

SEJOUR DE CURE D’AIR DANS LE JURA
POUR ENFANTS DELICATS
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Ouverture Avril 1928
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     Situation des Maisons :
       Le Frasnois (Jura), altitude 840m, au centre de la belle
        Région touristique des Lacs (lacs d’Ilay,de Narlay, de Beaulieu,
     Cascades du Hérisson, etc)
           Promenades nombreuses et faciles
      Ages des Enfants admis :
Garçons 5 à 10 ans ;
Fillettes  5 à 15 ans.
      Prix de Pension :
10 fr. par jour, payables par quinzaine et d’avance.
Ce prix comprend :
Frais de séjour ;
Blanchissage ;
Bains et douches ;
Exercices gymnastiques ;
Instruction primaire contrôlée .
Surveillance médicale ;
Surveillance des dortoirs .
Surveillance des jeux, etc
       A la charge des Familles :
Certificat médical obligatoire constatant l’absence d’état
           contagieux ; Frais de voyage (en convoi : 30 fr environ) ; Frais
       de maladies graves ; Médicaments spéciaux ; Fournitures
       scolaires : Dégradations ; Trousseau et vêtements chauds ;
       Toile de lit.


NotaLes exercices religieux sont facultatifs.
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       Droit d’inscription : 10 fr. par enfant.
                                                                                                      

Dès son rachat , la Fédération modernisa le Nid des Merles qui déclinera vite faute d’un nombre suffisant de pensionnaires. 
En 1978, l’établissement ferme.

1997 : rachat du bâtiment par la commune au franc symbolique.

1925
L’institutrice du moment posséde une automobile 

1955
Réception d’une circulaire du Préfet du Jura invitant les communes à faire les distributions de lait dans les écoles ; le conseil municipal ne donne pas suite à cette directive considérant que les enfants du Frasnois boivent du lait en quantité suffisante !!!


1958
Introduction du code de la route dans les écoles primaires  abandonné et réintroduit au collège dans les années 1980


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INSTITUTEURS

·        1875 à 1878 : une femme

·        1885 à 1888 : Vital FORTIER ;                                                                                                    en novembre 1885, c’est à l’initiative de cet instituteur que le conseil municipal  vote un titre de rentre pour l’achat de livres classiques à tous les enfants pauvres et à l’achat de livres pour une bibliothèque populaire
·        En 1988, le conseil muncipal alloue à l’école une somme de 20 Francs pour achat de livres tant pour les élèves  que les habitants ; la bibliothèque scolaire  perdurera jusqu’en 1908.

·        1888 à 1901 : une femme

·        1901 : M. PUGET

1975
Installation du chauffage central à la Mairie-Ecole

1979
Agrandissement de l’école avec en parallèle réaménagement de la  Mairie (dorénavant occupée par l’école)



DE               A 1992  CLASSES UNIQUES DU CP AU CM2
Institutrices :
·        Mme GERARD  DE                  A  1963  1964?
·        MME MADESCLAIR Marie-France  DE 1963 1964 1967
·        MME RICHARD Elisabeth née BAILLY-MAITRE de septembre 1967 à septembre 1977
·        MME ROYDOR Brigitte  née CARADEC de  septembre 1977 à septembre 1979
·        MME MILLET née SORGUE Monique de septembre 1979 à septembre 1988 1989 1990 ?
·        MME  BIRTEGUE Laurence de                 à       

A N0VEMBRE 2006 RPI  Regroupant  BONLIEU- LE FRASNOIS (puis ST MAURICE)

Le RPI accueille les enfants de Le Frasnois, Bonlieu, Bouzailles dans un premier temps ;ST Maurice-Crillat-Trétu rejoindra le RPI de BONLIEU en 

·        LE FRASNOIS du  CP au  CE2
·        instituteurs :   Emmanuelle AYMONIN
·        JeanMarc  
·        l’instit de la Chaux du Dombief avec sa meute de chien
·        Julien  ROCHE, la femme de BEAUSIRE
·        BONLIEU CM1 ET CM2 insituteurs :Christelle MONTJOIE puis Aurelie MONNET,  Anne RENOUD,

En l’absence de maternelles sur les 2 sites respectifs,  les enfants du Frasnois (Fromagerie et Narlay)  ont fréquenté les maternelles de Champagnole, parfois Chaux du Dombief  puis essentiellement celle du   Pont de la Chaux ; leur transport à Pont de la Chaux a été assuré par Mme E. GIRARDOT, embauchée par le Conseil Général

Lorsque les enfants du Frasnois sont scolarisés à Bonlieu, ils utilisent également un transport scolaire matin-midi et soir.
Il n’existe pas alors de vraie cantine (les repas préparés par les parents sont réchauffés uniquement à Bonlieu) ; le soir, une aide aux devoirs est proposée gratuitement à Bonlieu (elle est assurée par MME E. MINESI)


24 OCTOBRE 2006 avant dernier jour de classe à Le Frasnois
Dans le bâtiment Mairie-Ecole : les élèves des 2 classes élémentaires. La maternelle était invitée à la salle des fêtes. Les enfants venaient de Bonlieu, Bouzailles, Saint Maurice Crillat, Trétu, Le Frasnois,

NOVEMBRE 2006 A CE JOUR (2016) RPI  UNIQUE BONLIEU :
Toutes les classes depuis la maternelle jusqu’au CM2 sont désormais regroupées à BONLIEU avec désormais services de garderie matin et soir et VRAIE  cantine le midi.
Le RPI accueille toujours les enfants des communes citées lors de la création du premier RPI BONLIEU-LE FRASNOIS ;


LE SECONDAIRE
Les enfants du Frasnois sont scolarisés en règle générale
-        De la 6ème à la 3ème au collège de ST LAURENT avec toujours transport scolaire financé par le département
-        A partir de la seconde jusqu’à la terminale au Lycée polyvalent Paul Emile Victor  de CHAMPAGNOLE  avec transport scolaire depuis Pont de la Chaux et/ou possibilité d’internat.
-        Après le lycée, IUT  et ou facultés de, Besancon, Dijon