LAC D 'ILAY ou LAC DE LA MOTTE

PRESENTATION DU PLAN D'EAU


Le lac d'Ilay ou de La Motte est situé dans la région des lacs du Jura à une altitude de 774 mètres. Le plan d'eau est naturel : il a été créé à la suite d'une dépression d'origine tectonique et d'un surcreusement d'origine glaciaire. Le lac présente un fonctionnement dimictique avec une stratification hivernale (gel en surface) et une autre stratification thermique en période estivale.

Le plan d’eau est de petite taille avec 71 ha pour un volume de 7,7 millions de m3. La profondeur maximale qui a été mesurée en 2009 est de 31 m et le niveau d'eau varie très peu, de l'ordre de 0,5 m maximum sur l'année. La cuvette est orientée Nord-Ouest / Sud-Est sur 1,9 km de long. Il reçoit les eaux d'un ruisseau constituant le trop plein du lac de Grand-Maclu. Le plan d'eau dispose d'un exutoire de surface (bief se perdant en gouffres) et également de pertes sous lacustres (karst). Son temps de séjour est estimé à 330 jours.

Le lac d'Ilay appartient aux communes du Frasnois et de la Chaux du Dombief (et au Syndicat des Eaux du Lac d'Ilay). Le droit de pêche est réservé à la Fédération de Pêche du Jura. Les usages sont limités à une activité de pêche à la ligne embarquée ou depuis la berge. La navigation est non motorisée. Il existe également une activité de baignade en été. Les eaux du lac sont utilisées pour l'alimentation en eau potable des communes du secteur. Une station de pompage est installée dans la partie centrale en rive Ouest.

Le lac d'Ilay est un lac d'une profondeur moyenne de 10,7 m. La masse d'eau stratifie durablement en été avec en 2009 une stratification marquée de mai à septembre. Il s'agit d'un lac dimictique qui stratifie également en période hivernale avec un gel en surface (de décembre à mars) en raison de son contexte géoclimatique. En 2009, le dégel a eu lieu début avril.

Le temps de séjour sur le lac est long, il est évalué à 330 jours.

Plan d'eau naturel d'origine glaciaire et tectonique, le lac d'Ilay ou de La Motte est situé dans le "pays des lacs" du Jura. Il est de taille modérée avec une superficie de 71 ha pour une profondeur maximale de 32 m. Le plan d'eau est alimenté par un bief venant du Grand Maclu. Les eaux du lac sont utilisées pour l'alimentation en eau potable.

Diagnose rapide Le lac d'Ilay présente une qualité générale le classant dans la catégorie des lacs meso-eutrophes. Le tracé est dissymétrique, avec des indices nutrition et production modérés (mésotrophe) et des indices dégradation, matières organiques du sédiment et stockage des minéraux dans les sédiments très élevés. L'indice phytoplanctonique souligne un peuplement déséquilibré avec un développement de cyanobactéries.
La consommation en oxygène est élevée pour dégrader des matières organiques présente en quantité importante dans les sédiments (22% de la MS).

 La concentration en phosphore du sédiment est élevée et son relargage dans les eaux est évident compte tenu des conditions d'anoxie existantes sur le lac. Les indices biologiques du sédiment IOBL et IMOL confirment la difficulté de dégradation de la matière organique : liée à la fois aux conditions climatiques rudes de la région du « pays des lacs » et à la nature plus ou moins tourbeuse des sédiments.

Les résultats détaillés de la diagnose rapide sont présentés en annexe 3.
Etat écologique et chimique au sens de la DCE L'évaluation DCE rejoint le constat de la diagnose rapide puisqu'elle classe le lac en état écologique moyen sur la base des résultats obtenus en 2009 .
L’élément de qualité phytoplancton déclasse alors le plan d’eau (et plus précisément la composition du peuplement algal qui paraît perturbée).

Le lac d’Ilay est classé en bon état chimique (Cf. Annexe 5) puisque aucune des substances prises en compte pour évaluer l’état chimique ne dépasse les normes de qualité environnementales. D'après l'étude hydromorphologique, le lac d'Ilay est bordé de milieux naturels à plus de 90% (tourbières, prairie humide, forêts). L'altération du milieu est modérée avec des zones rivulaires naturelles. La qualité des habitats est bonne sur le plan d'eau, la zone littorale présente en particulier une diversité importante.
L'étude de la végétation aquatique a montré un recouvrement de macrophytes sur le lac assez important, estimé entre 20 et 30% de la surface.

Le lac d’Ilay abrite des roselières à Roseau commun, de roselières à Marisque (cladiaies) ainsi que des herbiers aquatiques (herbiers de nénuphar blanc et jaune et herbiers de characées). Aucune espèce végétale invasive n’a été observée sur le lac. Globalement, les espèces de macrophytes observées sur le lac traduisent des eaux mésotrophes.

Suivi piscicole 
Au vu des résultats acquis en 2009, le peuplement piscicole du lac de la Motte apparaît plutôt en bon état. Les populations majoritaires, gardon, rotengle et corégone, apparaissent relativement équilibrées avec cependant l’absence de sujets âgés au niveau de la population de corégones et la faible proportion d’adultes au niveau de la population de gardons. La population de perches semble se maintenir depuis 2002-2003 mais reste en sous abondance par rapport au potentiel du milieu. D’une façon générale, le peuplement apparaît stable au cours du temps mais les rendements ne semblent pas concorder ave les potentialités d’un tel système.

Variations du niveau du lac 

La fonctionnalité écologique d’un habitat lacustre et de ses zones rivulaires associées est très fortement dépendante de l’évolution hydraulique du plan d’eau, c’est-à-dire des variations de son niveau (Fagot 2011).
Les fluctuations de la hauteur de la ligne d’eau sont ici sous l’influence :
— de la régularité et de l’intensité des entrées d’eau, par l’hydrologie des affluents et du bassin versant;
— des volumes sortants, expliqués ici par :
— l’hydrologie s’écoulant dans le Hérisson en aval des deux lacs,
— les volumes prélevés pour l’AEP par le SIE du lac d’Ilay pour le lac d’Ilay,
— l’évaporation (3 à 5 L/s/ha en été - Schlumberger et Girard 2013), soit entre 216 L/s et 360 L/s environ pour le lac d’Ilay et entre 192 L/

Etat des lieux

Les constats réalisés précédemment sont à mettre en relation.Le bassin d’alimentation dulacd’Ilayest globalement bien connu du fait de son utilisation pour l’AEP.Les arrivées  hydrologiques sont principalement assurées par le ruissellement et par l’émissaire des lacs Maclu voisins.Son petit bassinversant topographique(environ5 km2)est principalement occupé par deszonesforestières et prairiales,ainsi que par quelques habitations.

L’intérêt écologique de la zone est également reconnu par l’inscription du secteur au sein du
Site d’Intérêt Communautaire (SIC) «FR4301330 - Complexe des Sept Lacs du Jura» de la Directive Habitats-Faune-Flore (DHFF).

L’enjeu de préservation de la qualité des eaux du lac est majoré par le fait : — qu’il alimente par des écoulements souterrains et pour partie le lac de Narlay, qui lui-même alimente en partie le lac de Chalain, — qu’il est situé en tête de bassin du Hérisson, avec le lac de Bonlieu.

L’observation des suivis de la qualité de l’eau et des sédiments réalisés au titre de la DCE font état d’arrivées d’eaux ne faisant pas l’objet d’un assainissement efficace, ainsi que de la présence de nombreux HAP, dont certains en fortes concentrations, de produits phytosanitaires et d’ETM.

Les sédiments de fond contiennent au moins depuis les années 80 d’importantes quantités de matière organique (Masson 1986). Ceci entraîne une dégradation des conditions des zones profondes, du fait d’une mauvaise assimilation au sein des réseaux trophiques, formant une impasse trophique»(ONEMA 2013).


Note histoire


FRANOIS  ET  ILAY 
 Ilot de la Motte d'llay Entre Ie village de Franois et celui d'llay, près de la cluse de Chaux-du-Dombief, et tout a côté des deux lacs du Maclu, se trouve Ie lac de la Motte ou lac d'llay, qui renferme un îlot ou motte, de nature rocheuse, à présent couvert d'arbres, de même que Ie lac de l'Abbaye, dans Ie Grandvaux, présente aussi une île.

Coïncidence remarquable, en 523, nous disent les auteurs (Rousset), Saint Antidiole, cinquième abbé de Condat (SaintClaude), envoie des religieux dans cette région : l'un, Didier, s'établit dans l’îlot d'llay, où il fonde Ie prieuré de la « Motte dans une île » (1) ; l'autre, Aubert, s'installe dans l’îlot du lac du Grandvaux, et y fonde l'abbaye du Grandvaux qui donne son nom à ce dernier lac.

Lorsqu'on rapproche la fondation de ces premiers établissements religieux du pays dans les îlots naturels de nos lacs de l'existence d'une bourgade lacustre à Clairvaux, de la présence de haches de bronze et peut-être de pilotis sur les bords du lac de Chalain (2), et de la découverte de haches de pierre près de celui du Fioget, on ne peut s'empêcher de penser que ces îlots naturels ont dû être habités longtemps avant l'arrivée de ces religieux, et avant même que les hommes de l’âge de la pierre et du bronze songeassent à construire des îlots artificiels pour établir leurs palafittes.

 II est bien désirable que des fouilles sérieuses y soient exécutées. J'ai déjà fait remarquer ailleurs, en exprimant I'idée précédente (3) que les légendes de villes détruites qui auraient été remplacées par les lacs de Chalain et de Narlay, se rapportent peut-être à l'existence de cités lacustres, dont les nouveaux habitants du pays, établis au Moyen âge, auraient retrouvé Ie souvenir ou découvert quelques traces. Et pourtant, aucun objet de pierre ne parait avoir été recueilli à Frânois ni à Ilay, non plus qu'à l'Abbaye du Grandvaux.

 J'ai la confiance que, de même qu'à Châtelneuf, il suffirait de quelque chercheur ou indicateur dans ces pays pour amener des découvertes. ('1) Didier, plus connu sous Ie nom de Pontius ou Saint-Point, est patron de l'eglise de la Chaux-du-Dombief, selon MM. Rousset et Moreau (Dictionn... histor... p. 76). D. MONNIER a placé a l'Abbaye et à Bonlieu l’établissement d'Aubert et de Didier (Annuaire du Jura, 1861, p. 55 et 135), et attribue à Thiebert de Montmoret et, la fondation, en1172, du prieuré de la Motte. — L'opinion de MM. Rousset et Moreau paraît plus probable. (2) On me signale, vers Ie bord occidental du lac de Chalain, près des Vernois, l’existence, au fond de l'eau, de pieux qui pourraient être des pilotis.

De nombreux tumulus sont situés à peu de distance, sur les territoires de Marigny et du Villars. D. Monnier, qui les indique d'ailleurs, signale la découverte en 1822, au bord septentrional du lac, non loin du MontDieu qui paraît un monticule artificiel, de plusieurs objets de bronze (Annuaire du Jura: 1855, p. 122, et 1858, p.91).

Ce sont évidemment, d'après sa description, une pointe de lance el des haches à douille avec boucle de retenue.
— On doit souhaiter qu'il soit fait un examen attentif des bords du lac, et que des fouilles y soient effectuées, lorsqu'une baisse suffisante des eaux Ie permettra. (3) Notes sur la station préhistorique de Ney. (Mem. Société d'Emu. du Jura, 1879, p. 276).