EAU

L’EAU

Préambule

Au début du XXème siècle, la consommation d’eau était réduite au minimum, mais on peut supposer qu’avoir de l’eau en quantité et en qualité le plus près possible de l’habitation a toujours été un besoin vital pour toutes les générations;

Une chance, au Frasnois, il y a toujours eu des lacs… et quelques petites sources qui alimentent nos lacs. Les autres villages n’ont souvent pas de lacs mais disposent de sources plus importantes !

C’est la raison, pour laquelle nos ancêtres, profitant des sols argileux par endroits, avaient  creusé un certain nombre de puits. Il s’agissait de constructions enterrées en pierre sans joints qui permettait à l’eau de s’épurer et ainsi d’être stockée dans les dits puits qui pouvaient être vastes et alimenter les fontaines existantes.


Ces captages d’eau communaux alimentaient des fontaines et des abreuvoirs à bétail.

Ainsi, le 13 novembre 1887, le Conseil s’émeut « de ce que pendant la saison d’été, le bétail souffre énormément de ce que les parcours communaux sont dépourvus d’abreuvoirs, considère que dans les parcours communaux, il existe des fontaines assez abondantes, mêmes pendant lesfortes chaleurs de l’été, que les placement d’un  (sic) auge à ces fontaines seraient d’une utilité incontestable, mais que les ressources de la commune ne permettent pas l’achat de ces auges, demande l’autorisation, pour la commune, «à couper 3 pieds de sapins dans les forêts communales, lesquels seraient destinés à faire ces auges nécessiteux (sic)… pour copie conforme ! »
Il existait également des puits individuels, privés qui étaient reliés aux maisons. L’eau était pompée par une pompe à bras; les conduites étaient en plomb.

Les maisons ne disposant pas de puits installaient des citernes qui récupéraient l’eau du toit, citernes enterrées afin de maintenir la fraîcheur de l’eau récupérée.

Malgré la présence des puits et/ou des citernes, il arrivait en période sèche que l’eau manque, surtout pour le bétail : les habitants perdaient un temps précieux pour aller, avec des attelages, au lac chercher et transporter, à l’aide de tonneaux ou des « bouilles à lait » portées à dos, cette eau indispensable… En hiver,  problème crucial pour le Frasnois, envahi par les couches de neige pendant des mois, les congères, les sources gelées, les cascades pétrifiées.
D’où la nécessité de construction de  fontaines publiques alimentées par les sources existantes sur la commune…

Le projet d’adduction d’eau aura duré une dizaine d’années a provoqué des difficultés évidentes au sein des Conseils municipaux du moment avec maires qui se succédaient (Joseph Grillet, Léon Lamy, Marcien Roux puis Luc Félix)  ainsi que la risée de certains villageois et des villages alentour.
Grandes dates

1900, la commune recherche donc une source susceptible d’alimenter  le village, mais pas de sources importantes proches et d’un débit régulier. La plus importante, se situait au pied du Mont des Ifs sur Chatelneuf « La Pécade » mais il n’y aura réel projet sur ce site.

4 avril 1906 : arrêté municipal quant au charnier communal des animaux
Le Maire du Frasnois
Vu l’absence d’atelier d’équarrissage dans la région,
Arrête:
Art. 1 – Les cadavres des animaux morts des espèces chevaline, bovine, ovine,
porcine et canine devront être enfouis dans le charnier communal,
Art. 2 – Le charnier communal  est établi au lieu-dit « Creux aux vaches »,
Art. 3 – Il est interdit -à moins d’obligation de service- de passer, de traverser,
De pâturer et de récolter les herbes et débris quelconques du charnier communal
pour quelque usage que ce soit,
Art. 4 – Le garde-champêtre est chargé de l’exécution du présent arrêté.

1903,  le projet de la source de  Maclu : le Conseil municipal constatant toujours le manque de fontaines, demande l’autorisation au Préfet de faire des fouilles autours de la source du Maclu afin de s’assurer qu’elle est suffisante pour alimenter des fontaines qu’on se propose de construire ultérieurement ; et dès 1908, le Conseil vote une coupe extraordinaire de bois au Mont des Ifs et une éclaircie au sommet de la Côte de Maclu pour  financer le dit projet resté sans suite.

23 décembre 1909 : arrêté municipal quant à la législation des fumiers dans la commune
Le Maire du Frasnois
Vu la loi du 11 février 1902.
Vu la circulaire de Mr le Préfet du 29 novembre 1909.
Arrête :
Art. 1 – a) Le purin ne s’écoulera pas sur la voie publique.
b) Il ne contaminera pas les sources, puits, citernes, fontaines, abreuvoirs, etc…
c) Les dépôts de fumier ne gêneront  pas la circulation.
d) Ils ne nuiront pas aux voisins.
Art. 2 – La gendarmerie est chargée de l’exécution du présent arrêté.
Frasnois, 23 décembre 1909
Le Maire,
Signé J. GRILLET

1909, le projet de la source de Combe Saillard,- au pied des rochers à Ilay sur la commune de Chaux-du-Dombief- la seule source assez élevée et suffisamment rapprochée pour permettre l’alimentation du village, est  confie à  M. Brand, architecte à Arbois ; il s’agissait d’amener l’eau en passant par Ilay qui se réservait une certaine quantité de cette eau pour les besoins du hameau ; il s’ensuit une pétition des habitants d’Ilay qui craignaient de ne plus  disposer suffisamment d’eau.
en 1911, le Conseil approuve le projet malgré la pétition   « attendu que toute la population n’est alimentée, en temps ordinaire,  que par des eaux dangereuses  des puits et citernes plus ou moins contaminées par les eaux de ruissellements et les eaux usagées ou purin du village ». Les sommes nécessaires  à cette étude proviendront des  ventes de bois ; parallèlement demande de subvention d’au moins 60 % de la part du Pari-Mutuel ;
1912 : le nouveau conseil municipal réélu (maire Léon Lamy) décide de ne pas donner suite au projet car  basé sur un trop faible débit d’eau et prévoit un débit de 18 litres à Ilay, qui se révèle trop cher.

Puis arrive la grande guerre de 1914-1918, où tout s’arrête.

1919 : projet de prendre l’eau  au lac de Narlay ou dans les marais environnants avec pompage et refoulement grâce à  « un moteur à vent » qui restera sans suite.

1921 : approbation du nouveau projet présenté par le Maire de la commune, Luc Félix, avec prise d’eau dans les terrains d’alluvions des bords du Lac d’Ilay, avec élévation de l’eau par l’énergie électrique dans un réservoir susceptible d’alimenter en charge tous les points du village.

Août 1922 : suite à l’abandon  d’énergie éolienne, M. Colin, directeur de la *Société Colin et Cie « Forces électriques de la Saine » aux Planches en Montagne, fournisseur d’énergie électrique fait officiellement sa demande de concession pour la distribution d’électricité pour la commune approuvé par le Conseil municipal ;
Pour cause de dossier incomplet, avec retard dans les travaux, les lampes électriques s’allument pour la première fois  en septembre 1923.
En 1923: mise à l’étude du nouveau projet  (géologue M. Fournier à Besançon) et désignation de M. Jules Pelletier en qualité d’architecte à qui l’on doit l’idée de puiser l’eau du lac d’Ilay, par une station de pompage électrique édifiée sur sa rive.  (cf Jules Pelletier et ses réalisations dans la commune).
Le premier projet présenté par M. Pelletier se monte à  215.000 Frs.

1928, les difficultés vont surgir avec mauvais résultats des sondages quant à la qualité de l’eau, creusement d’un puits non satisfaisant….
En mars, le maire    demande   à M. Pelletier d’orienter désormais  tout le projet sur une prise d’eau en profondeur dans le lac d’Ilay, l’emplacement du réservoir  étant impératif : le sommet « des Mollards qui domine le village.
En août, le maire, après réception de résultats de prélèvement enfin  positifs   à 15 et 20 m de profondeur, demande à M. Fournier son accord pour la prise d’eau au lac en précisant que son système se fera en copiant celui d’Annecy, c’est-à-dire tuyaux articulés par rotules et déposés sur le fond avec redressement de l’extrémité et maintien en position verticale par flotteur ou support.
En décembre, après mult tractations -l’expropriation ayent même été envisagée-, la propriétaire du lac, Mme Lhomme de Prailles, accepte et donne autorisation de prise d’eau à perpétuité pour les besoins de la commune moyennant la somme de 5000 Frs.

11 février 1929, projet modifié de M. Pelletier  qui s’élève à 249.812 Frs ; les adjudicataires pour les travaux sont respectivement :
L’entreprise Borella de Lons le Saunier en ce qui concerne  la station de pompage, la construction du château d’eau, et le réseau de distribution du village ainsi que l’installation de 6 bornes à incendie ;
L’entreprise Tremblay d’Orgelet –électricien- en ce qui concerne la partie prise d’eau et pompage.
La société  des  Forces Motrices de la Saine  en ce qui concerne la construction de la ligne électrique basse tension depuis la Langouette.

13 septembre 1929, approbation par le Conseil municipal de l’acquisition du droit de la prise d’eau au lac de la motte et de la prise d’eau au lac.
Le Conseil
Vu sa délibération en date du 4 février 1929 approuvée par M. le Préfet le 9 mars 1929, approuvant le projet d’adduction d’eau potable.
Vu la promesse de vente signée le 8 décembre1928 par Mme L’Homme de Prailles.
Autorise le maire à signer le contrat d’acquisition au droit de prise d’eau conformément aux conditions de la promesse de vente précitée, c’est-à-dire moyennant le prix de 5.000 Frs (cinq mille francs).

Le Conseil
Vu les propositions déposées par M. Tremblay, électricien à Orgelet au sujet de la prise d’eau dans le lac de la motte
Les dites propositions se résumant ainsi :
Travail de pose des tuyaux dans le lac et fourniture de tout le matériel nécessaire 22.820
Fourniture du groupe moto pompe conforme au devis group 9.000moto pompe (verliehen moteur, reste 31.820
Décide d’accepter les dites propositions, en rappelant que le projet prévoit la pose de la pompe pour le 15 novembre 1929 et que la prise d’eau devra être achevée pour le 1er mars 1930.
Le paiement sera effectué dans les 30 jours qui suivent la fourniture du matériel pour le groupe moto pompe et dans le mois qui suivra la fin du travail, pour le règlement définitif, déduction faite de 1/10ème réglementaire.

L’entrepreneur     Les membres du Conseil
Signé JTremblay    Signé le Maire et les Conseillers

1930 :
Janvier, l’entreprise Tremblay utilise initialement  comme moteur à essence, celui qui alimente la batteuse communale  pour ses premiers essais de  pompage qui s’avèrent concluants –environ 12 m3 heure-

Février 1930, l’eau est distribuée aux bornes fontaines, les particuliers peuvent donc se raccorder au réseau.
7 Septembre, demande de coupe extraordinaire
Présents : MM. Félix, maire, Félix Marius, Oudot H, Roux Jh, Roy M ; Jacquot, Fumey Jules
Le Conseil
Considérant qu’il est indispensable pour la commune de tirer de sa forêt des ressources importantes destinées au remboursement de l’emprunt contracté pour les travaux d’adduction d’eau et l’achèvement de ces travaux.
Considérant que la forêt de 1° série peut fournier actuellement une quantité importante de feuillus de résineux arrivés à maturité ou gênant les semis, que, d’autre part, il semble d’une bonne administration de transformer cette forêt en futaie en abandonnant la méthode actuelle de coupes de taillis et en la remplaçant par des coupes d’éclaircies et de jardinage, méthode qui sera plus avantageuse, autant pour les affouagistes que pour la caisse communale et l’avenir de la forêt.
Délibère et demande :
Qu’une coupe d’extraction d’environ 500 m3 de feuillus et résineux arrivés à maturité ou gênant les jeunes plants, soit marquée en éclaircie dans certains cantons de la forêt de           1° série au lieudit « Les Grands bois ».

Demande, en outre, que l’administration des Eaux et Forêts fasse le nécessaire pour que l’exploitation de la 1° série soit dès maintenant organisée en vue de sa transformation  en futaie par l’abandon de l’aménagement actuel, la suppression des coupes de taillis, et leur remplacement par des coupes annuelles d’éclaircie et de jardinage, la  coupe demandée ci-dessus étant considérée comme la première étape de cette nouvelle méthode d’exploitation.

1931 :
Février, réalisation en profondeur de la prise d’eau du lac,
Il fait très froid : le lac est gelé, la glace fait environ 20 cm d’épaisseur ; l’équipe Tremblay, aidée de jeunes hommes du village pratique une saignée dans la glace de 200 m de long jusqu’à l’emplacement retenu par les sondages, entre 25 m et 30 m de profondeur.
Le 18 février, la  première tentative de descente des tuyaux est un échec : les hommes les maintiennent avec des cordes et les laissent filer petit à petit, mais quand l’eau pénètre dedans, le poids augmente et ils sont obligés de lâcher … plusieurs longueurs de tuyaux et une rotule partent au fond du lac … ils y sont encore….
Le 20 février, après une journée pour améliorer le procédé, l’ensemble repose au fond du lac en bonne et due forme.
Printemps, construction de la ligne électrique BT qui sera finalisée en 1933 et installation d’un moteur électrique à la station de pompage :
l’installation d’un moteur électrique de 5 CV par l’entreprise Tremblay  s’avère un échec, l’arrivée d’eau est  insuffisante et la pompe désamorce.
Après conseils aux hommes de l’art, la construction d’un puits relais à proximité de la station de pompage, d’un volume d’environ 50 m3 en dessous du niveau du lac et dans lequel le pompage s’effectuera,   apparaît indispensable
La construction du puits, qui reçoit l’eau de la canalisation immergée  et dans lequel aspirera la moto pompe, engendrera  un surcoût de travaux d’un montant de 78.288 Frs (montant initial 128.894 Frs)  et ne sera pas simple :
Une montée subite du lac inonde un béton qui vient d’être coulé…
Dès les premiers pompages électriques, un violent orage, grille le moteur et l’installation…. Un moteur tout neuf que le fabriquant ne peut remplacer rapidement…

15 juin 1932, enfin  tout fonctionne normalement

Cette longue adduction d’eau, témoigne de la pugnacité de nos anciens ; entre les espoirs déçus,  les retard dans les travaux avec les aléas précités avec en outre des problèmes financiers qui ont été en partie résolus grâce à une subvention du Paris-Mutuel de 61 % du montant des travaux, le recours à plusieurs emprunts et diverses demandes de coupes de bois extraordinaires.

La  Société Colin et Cie  « Forces électriques de la Saine » aux Planches en Montagne est devenue :
en 1932 : la Société des « Forces motrices de la Loue »
après la guerre : EDF
Ses anciennes installations sont visibles en haut des gorges de la « Langouiette » et toujours en service.

1937, 2 pompes sont  régulièrement entretenues dans le « petit cube au bord du lac.
La grande cour carrée au bord du lac côté Chaux du Dombief rasée  par Véolia en 201 et reconstruite dans les communaux  concerne le pompage pour diverses communes du secteur.

1965, une seconde canalisation est immergée –crépine suspendue par un chevallet et tuyaux en PVC-
Les travaux sont réalisés par René Journot de Bonlieu –plombier- et l’entreprise Guérin de Sellières pour partie terrassement et maçonnerie .
L’arrivée d’eau au puits est donc améliorée mais pas suffisamment pour la consommation actuelle d’où 

2003, installation d’une une pompe d’aspiration  dans le puits.
2000 :environ 1300 m de tuyaux d’eau datant de 1929 -entièrement rouillés- sont remplacés ainsi que la canalisation de refoulement de la station de pompage.

2006, relèvement de la crépine d’aspiration  de plusieurs mètres.
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L’EAU A LA FROMAGERIE

Préambule

Le hameau de la Fromagerie, de tous temps, était alimenté par une source coulant au lieu-dit « Champ de la Source ». Son débit était suffisant, sauf en cas d’extrême sécheresse.
Le coût de la réalisation de l’adduction d’eau pour le Frasnois avait été largement couvert par les recettes produites par la forêt.

Tout comme pour le Frasnois, l’adduction d’eau sera longue et sera finalisée plus de  30 ans plus tard avec des travaux annexes intermédiaires. 

Grandes dates

1932,  lorsque les habitants du hameau de la Fromagerie (4 ménages dont 1 en résidence secondaire) sollicitent  l’adduction d’eau, le Conseil municipal répond favorablement à leur demande au principe de projet  d’amélioration du service des eaux tout en précisant que les moyens financiers lui manquent pour le moment
Proposition est donc faite aux habitants de la Fromagerie d’abandonner leur privilège forestier au profit  de la commune pour étudier de suite leur demande ; (cf. section de la Fromagerie) 
à défaut d’acceptation de cette proposition, il y aura lieu d’attendre que les revenus forestiers de la section de la Fromagerie puissent couvrir la dépense à envisager.

1934, après mult discussions, la  deuxième hypothèse est retenue.

1948 Printemps , réfection de la prise d’eau par Paul Négrello.

1960: nouveau réservoir d’eau.

1972 : remplacement des conduites d’eau en fer dans le hameau de la Fromagerie et de Narlay.

1977 : le Conseil décide la réalisation d’une conduite d’eau  entre le Frasnois et la Fromagerie d’autant que de nouvelles maisons apparaissent à la Fromagerie  dès l’année suivante(tournerie Négrello et maisons de Claude et Jacky).

Actuellement, un beau bassin en fonte, situé au rond-point entre les maisons Crinquand et Noël Négrello, croule sous les fleurs en été..
Et au bord de la route, abrité par la roche une auge avec un robinet, permet de se désaltérer.

Les puits, puits- fontaines, fontaines,  bornes fontaines et abreuvoirs et leur restauration.

Les puits,  puits-fontaines se trouvaient

« aux Champs Derrière »  dans le bas du talus au pied du Nid des Merles,
Retrouvé lors des travaux d’assainissement, il a été remonté à côté de la salle des fêtes en 1992.
 «aux Champs de Fontaine » près  de la station d’épuration pour le bas du village,
Restauré en 2000.
« au coin d’en haut », en face de la maison de Florence Blondeau.
Restauré  également en 2000.
Présence de  puits dans les herbes folles  de la butte au-dessus de la fontaine coin d’En haut; Il existait aussi des puits chez Jean-Paul Baverel, Jean Favier et dans l’ancien pré Busserrole (maison rachetée par des Anglais).
Toutes les ouvertures de ces puits ont été bouchées par mesure de protection pour les enfants.
Les  6 bornes-fontaines  ou bornes incendie sont situés de bas en haut du village

La première après l’ancienne  maison de Simone Richard (1ère maison dans le virage en montant le  dans
Les  secondes en face de la maison de Mme  Jean-Paul BAVEREL avec présence d’une pompe à bras devant chez sa maison ;
La quatrième  à côté du poids public.
La cinquième fait partie de l’ensemble fontaine coin d’en Bas

Les fontaines, au nombre de deux, suivent la même logique, avec toujours le souci d’alimenter de façon équitable les villageois

La fontaine du « Coin d’en Bas » en face de chez Philippe Jacquemin,
La fontaine du « Coin d’en Haut » à proximité de chez Jean-Luc Félix,
Avec l’aide du Conseil Général, elles ont été rénovées en ?

Auges,  abreuvoirs
On trouvait des auges dans  les communaux, des abreuvoirs, bassins de fonte, de forme allongée, alimentés par un pompage sur un puits , au nombre de 6   au Frasnois, à  la Fromagerie et à Narlay pour le bétail.
Aujourd’hui, ils servent essentiellement d’immenses jardinières fleuries tout au long de la belle saison, notamment celui de la Fromagerie.

Régimes des concessions de l’eau et les fontainiers

En mai 1930, le projet d’adduction communale est complété par un projet d’adduction à domicile : la commune paie les travaux de canalisation jusqu’à 1 m de l’entrée des immeubles.

Le 4 juin 1933, le Conseil municipal -maire : Luc Félix- décide d’établir un règlement des concessions d’eau:

Travaux :
Tout propriétaire qui désire établir une concession d’eau doit faire une demande écrite au Maire en indiquant le nom de l’entrepreneur ;
Il s’engage à respecter le règlement,
Le branchement de la conduite de concession sur la canalisation principale se fait avec un robinet arrêt-vidange du modèle employé aux bâtiments communaux ;
La perforation de la conduite principale ne peut être faite qu’à la mèche ;
Le demandeur paie les travaux entièrement.


Régimes : forfait ou compteur
oLe forfait peut s’appliquer dans les immeubles où le calcul de la consommation peut se faire à l’aide d’éléments connus : habitants, têtes de bétail, appareils de propreté… S’il y a gaspillage, pas de forfait !
Taxe fixe par concession:30 Frs par an avec une majoration de 4 Frs par tête de gros bétail.
Le compteur la où on ne peut pas utiliser le forfait :
De 0 à 5 m3 :0,50 Fr/m3,
+ de 5 m3   :1,00 Fr/m3.
Le recouvrement par le Receveur municipal se fera sur état de recouvrement dressé par le maire : il est semestriel pour le compteur, annuel pour le forfait.

Le 11 décembre 1971,le Conseil municipal –maire : Bernard Félix- décide la pose de compteurs sur tous les branchements particuliers avant le 1er juillet 1972 :

L’eau sera payée en m3 consommés par l’usager au prix de :
0,20 Fr/m3 du 1er octobre au 31 mai,
0,40 Fr /m3 du 1er juin au 30 septembre.
Une redevance annuelle est appliquée à chaque compteur, soit 30 Frs.

Les fontainiers

1947: Georges Grillet est  le fontainier chargé de la surveillance de la station de pompage et  de la vérification des bornes-fontaines et des bassins.

2000 : cette tâche est désormais confiée à Jean-Luc Félix qui surveille également le fonctionnement de la station d’épuration et procède au relevé des compteurs ;
Cette fonction est arrêtée depuis que la commune a recours au service de VEOLIA qui a déplacé les compteurs à l’extérieur et relève elle-même les compteurs une fois par an
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L’ASSAINISSEMENT COLLECTIF

Préambule
Depuis l’adduction d’eau arrivée au village dès 1930 avec une eau d’excellente qualité, la question des rejets subsiste.

Car, durant des siècles, on a vidangé dans les jardins les fosses des cabinets d’aisance, et les tonnes à purin étaient répandues au printemps dans les prés alors que les champs labourés étaient fertilisés par les apports de fumier.

Grandes dates

1950, la création du permis de construire entraîne l’obligation de prévoir des fosses sceptiques
Les lotissements des « Prés d’Ilay », de la « Combe de Narlay », le camping  ainsi que les constructions privées en étaient donc étaient équipés par le biais de l’assainissement individuel , mais qu’en était-il des maisons construites avant 1950 ?
Aussi, il existait des effluents dans le calcaire qui pouvaient atteindre les lacs et polluer l’eau potable
Les effluents du Frasnois et du camping étaient traités par des dispositifs sommaires (décantation-digestion et épandage souterrain situés en bordure du lac de Narlay)

Juin 1968, le Conseil demande le concours du service des Ponts et Chaussées –devenu Equipement puis Direction Départementale du Territoire et des Equipements-  pour la construction d’un réseau général d’égoûts avec épuration.

Mars 1970, le Conseil demande le concours technique et financier de la Direction départementale de l’Agriculture en vue de l’étude du projet de construction  cité précédemment.

Novembre 1971, le Conseil prend connaissance du plan d’assainissement présenté par les services de l’Equipement qui propose une situation d’épuration située près du lac de Narlay au lieudit « La Coinche »au point le plus bas de la commune.

Avril 1975, c’est LA CATASTROPHE… Le lac de Narlay dans son entier devient rouge… (le sang des Bourguignons cf. légendes) :
Cette spectaculaire remontée en surface d’algues signifie l’abandon du projet,
Cette prolifération d’algues rouges provenait d’un excès de matières organiques dans le lac, pollution qui pouvait provenir en partie du chalet et de la porcherie.
Le chalet fermera en 1976, la porcherie en 1980
Le lac de Narlay se rétablira  lentement malgré un temps  plus long de renouvellement de ses eaux -2 ans au lieu de un an pour les autres lacs jurassiens-.

Avril 1993, 18 ans plus tard… lors d’une réunion du Conseil, le maire rappelle la situation présente en ajoutant qu’une vraie solution s’avére indispensable, faute de quoi, le nombre de permis de construire serait très limité dans la commune :
Le pédologue-géologue consulté donne un avis défavorable à l’assainissement individuel  dans la commune ;
Divers procédés sont envisagés : lagunage, station simplifiée.
Par décision du Conseil départemental d’Hygiène -devenu depuis juillet 2006 conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques-, souverain en la matière, la construction d’une station d’épuration complète est exigée ;
Il s’agira d’une station efficace, mais plus coûteuse, capable d’absorber les rejets de la population estivale :   camping, hôtels-restaurants  et gîtes ruraux en pleine explosion dans la commune ;

Elle comportera un bassin d’aération, un bassin clarificateur par décantation statique, un poste de refoulement, un silo à boues, deux filtres à sable pour traitements complémentaires, un local technique.
L’emplacement retenu est  « Les Champs de Fontaine »de par sa situation  par rapport au village.

1995, lancement du projet avec recherche de financement.
Coût des travaux :
Station d’épuration:environ  1.400.000 Frs HT,
Réseaux  : environ  5.000.000 Frs HT.
Financement :
Financement global  approximatif :
Subventions à hauteur 50 %  du montant des travaux  du  Conseil Général, du  Fond national de développement des adductions d’eau et de  l’Agence de l’eau ;
Emprunts à hauteur de 35 % auprès du crédit agricole
Autofinancement  à hauteur de 15 %.
Taxe de raccordement : les  assainissements individuels existants sont invités à se  raccorder  au réseau général  dans les meilleurs délais ; la taxe de raccordement   de 5.000 F sera  la même pour tous, qu’il s’agisse d’un raccord de l’existant  sur le réseau   ou d’un    1er raccordement au réseau.
Les adjudicataires seront :
La Société Saur avec la société Bugada pour le génie civil,
La Société Sotrabat-Rusthul pour les 3 tranches de travaux de raccordement,

Novembre 1996, la première tranche de travaux est réalisée :
Raccordement du  bas du  village du Frasnois,  du fait de la création du second lotissement sur les Prés d’Ilay avec 3 parcelles à lotir
Le raccordement de  la Fromagerie en urgence afin de protéger le Hérisson et de répondre à des besoins sans cesse en augmentation (cf démographie la Fromagerie)
Le lieudit  retenu est «Sur le bois de la Fontaine »,
Le dispositif de traitement retenu est un sysème Eparco pour un montant de 270.000 Frs HT.

1997:
Réalisation de la troisième tranche de travaux (je suppose, rien de précisé)
La station d’épuration fonctionne.

1998: à cause d’un hiver précoce et neigeux, la troisième tranche de 1998 s’étire jusqu’au printemps

1999 dans le lotissement de Narlay.
Début 2000: il restait  à raccorder une maison au village et 3 autres à la Fromagerie ; deux postes de refoulement sont installés, l’un à Narlay, l’autre au centre du village ; les conduites en grès ont été posées sur une grande partie du réseau, environ 5 km
Le Château d’eau

1923, La commune fait à nouveau appel à Jules Pelletier en qualité d’architecte pour réaliser le château d’eau suite aux échecs récurrents, dès les années 1900,  des projets d’adduction d’eau, à partir des sources existantes sur la commune.

Ainsi dès le 26 août  1923 ,  le conseil municipal  approuve le projet d’adduction  d’eau potable avec prise d’eau dans les terrains d’alluvions des bords du lac d’Ilay et avec élévation par l’énergie électrique dans un réservoir susceptible d’alimenter en charge tous les points du village préconisé par M. FOURNIER, géologue à Besançon, et désigne comme architecte  M. PELLETIER et prend  la délibération suivante

Le Conseil, sur la proposition du maire,
Décide de réaliser au plus tôt le projet d’adduction d’eau potable
préconisé par Mr Fournier, géologue à Besançon.
Désigne comme architecte Mr Pelletier, architecte  à Lons le Saunier.
Invite le maire à faire toutes démarches utiles pour hâter la
réalisation de ce projet.
Les membres présents ont signé au registre.
Pour expédition, conforme dont extrait a été affiché
Le Maire
Signé Luc Félix

La réalisation du projet   

Le 16 janvier 1927, M. Pelletier communique au Conseil un rapport circonstancié, détaillé et consciencieux.
Après études, analyses, sondages sérieux , la construction d’un réservoir est décidée. Son coût s’élèvera à 215.000 Frs  et assurera au Frasnois une eau saine et inépuisable. C’est beaucoup pour 105 habitants !!!.
Le 27 mars 1927, le préfet est sollicité pour obtenir une subvention la plus élevée du Pari-Mutuel car le Conseil souhaite que les travaux démarrent au plus vite.

Fontaines

Projet de fontaines Demande de subvention

Le Conseil
Vu le projet d’adduction d’eau potable adressé par M. Pelletier, architecte à Lons le Saunier.
Vu la délibération du 16 janvier 1927 appouvant ce projet.
Considérant que le montant de ce projet est manifestement hors de proportion avec l’importance de la population (215.000 Frs pour 105 habitants) et que la situation financière de la commune ne permettra sa réalisation qqu’en ayant recours à un emprunt important dont l’amortissement serait une lourde charge pour l’avenir.
Considérant que toutes les études faites jusqu’à ce jour ont clairement démontré par leur échec, que la commune n’a pas le choix des moyens pour se procurer de l’eau potable et qu’elle doit réaliser à tout prix le projet actuel, qui d’ailleurs est le plus économique, ou se résoudre à abandonner la partie en continuant son alimentation avec les eaux impropres à la consommation qu’elle utilise à l’heure actuelle.
Considérant que l’urgence absolue de l’exécution rapide de ce projet est indiscutable au point de vue de la salubrité publique et que cette urgence est encore augmentée par suite de la présence dans la localité, pendant une partie de l’année, d’une colonie de vacances-la colonie St Pothain de Lyon- qui ne pourrait répondre à son but d’hygiène sociale si la situation actuelle était prolongée.
Demande qu’une subvention aussi élevée que possible soit accordée à la commune sur les disponibilités du pari mutuel.
Demande en outre que les travaux commencent immédiatement et sans attendre la décision de la commission, ceci, en raison de l’urgence indiquée plus haut, et aussi, pour répondre aux désirs des pouvoirs publics en contribuant à atténuer les effets de la crise de chômage qui sévit actuellement.
Signé le Maire (Luc Félix) et les conseillers

11 février 1929, projet modifié de M. Pelletier  qui s’élève à  249.812 Frs et se décompose ainsi
prise d’eau 31.500  Frs,
groupe moto-pompe : 15.000  Frs,
projet de fontaines : 197.000 Frs,
acquisition de terrains  : 6.312 Frs.
Après de nombreux espoirs déçus, de nombreux aléas indépendants de la bonne volonté  des uns et des autres, le projet d’adduction d’eau sera finalisé le 15 juin 1932 (cf l’eau au Frasnois)

On retrouve dans l’architecture du Château d’eau une similitude d’édification du Monument aux Morts en demi-cintre.